276 000 dollars pour un crâne de tyrannosaure : le jour où Nicolas Cage a dû rendre son fossile
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.

Il l’a acheté légalement pour 276 000 dollars avant de découvrir qu’il avait été volé : voilà l’histoire de Nicolas Cage et du crâne de dinosaure mongol volé – et non, ce n’est pas le titre d’un film !

Action Press / Bestimage

Tout commence en mars 2007 lorsque Nicolas Cage achète un crâne de dinosaure, celui d’un Tyrannosaurus bataar pour être précis, auprès de la galerie I.M. Chait de Beverly Hills, pour la somme de 267 000 dollars. Il aurait d’ailleurs surenchéri sur son collègue Leonardo DiCaprio pour l’achat du fossile.

Cependant, huit ans plus tard, en 2015, le bureau de Preet Bharara, procureur fédéral à Manhattan, dépose une plainte pour confiscation civile afin de saisir le crâne en question qui aurait été volé. La plainte ne désigne pas spécifiquement Cage comme propriétaire, mais son attaché de presse, Alex Schack, confirme alors que l’acteur a bien acheté le crâne.

Lors de l’affaire, Alex Schack a également déclaré que son client avait reçu un certificat d’authenticité de la part de la galerie et avait été contacté pour la première fois par les autorités américaines en juillet 2014, lorsque le Département de la Sécurité intérieure l’avait informé que le crâne avait peut-être été volé. Après que les enquêteurs aient confirmé qu’un vol avait bien eu lieu en Mongolie, Nicolas Cage a accepté de le restituer immédiatement afin qu’il soit rendu au gouvernement mongol et n’a donc pas été accusé d’actes répréhensibles.

Quant à la galerie, qui n’a pas non plus été poursuivie, elle avait précédemment acheté et vendu un squelette de dinosaure de contrebande au paléontologue condamné Eric Prokopi. On ignore toutefois si le crâne que possédait Nicolas Cage était spécifiquement lié à Prokopi, qui a plaidé coupable en décembre 2012 pour avoir fait sortir clandestinement un squelette de Tyrannosaurus bataar du désert de Gobi, en Mongolie, et a ensuite été condamné à trois mois de prison.

Le Tyrannosaurus bataar, comme son cousin plus célèbre, le Tyrannosaurus rex, était un carnivore qui a vécu il y a environ 70 millions d’années. Ses restes n’ont été découverts qu’en Mongolie, pays qui a criminalisé l’exportation de fossiles de dinosaures en 1924.

Le spécimen a été rendu à la République de Mongolie à l’occasion d’une cérémonie de restitution en mai 2013.

Nicolas Cage, fervent collectionneur et fortune dilapidée

Selon CNBC, Nicolas Cage aurait dépensé 150 millions de dollars pour plusieurs artefacts au cours de sa carrière, dont le crâne de dinosaure susmentionné, des têtes de pygmées et deux châteaux européens.

Selon l’article, l’acteur était autrefois l’un des plus gros gagnants d’Hollywood avec une fortune estimée à environ 150 millions de dollars, une fortune qu’il n’aurait pas conservée bien longtemps, la dilapidant dans une série d’achats coûteux.

Nicolas Cage et Diane Kruger dans “Benjamin Gates et le Livre des Secrets” (2007) Walt Disney Studios Motion Pictures
Nicolas Cage et Diane Kruger dans “Benjamin Gates et le Livre des Secrets” (2007)

À une époque, Cage possédait 15 résidences à travers le monde, dont des maisons en Californie et à Las Vegas, ainsi qu’une île déserte aux Bahamas. Il a également acquis une série d’objets plus insolites, dont une tombe funéraire de 2,7 mètres de haut, une pieuvre, des têtes de pygmées réduites, une bande dessinée Superman à 150 000 dollars et le fameux crâne de dinosaure qu’il a dû restituer.

Sa “quête du Saint Graal”

Mais ce ne sont pas ces objets excentriques qui ont réellement mis Nicolas Cage dans le rouge, mais plutôt son portefeuille immobilier surchargé. “C’est quoi une pieuvre, 80 dollars ? Vous ne risquez pas de vous retrouver dans une situation difficile en achetant une pieuvre”, avait-il déclaré au New York Times lors d’une interview en 2019.

Le comédien a traversé une période où il se contentait de “méditer trois fois par jour et de lire des livres de philosophie” et s’est alors mis à rechercher les lieux qu’il avait étudiés et sur lesquels il avait lu : “J’ai commencé à m’intéresser à la mythologie et je trouvais des propriétés qui y correspondaient”, a-t-il expliqué.

Nicolas Cage dans “Benjamin Gates et le Trésor des Templiers” (2004) Buena Vista Pictures Distribution
Nicolas Cage dans “Benjamin Gates et le Trésor des Templiers” (2004)

Cette “quête du Saint Graal”, comme l’a appelé Cage, l’a “poussé à explorer différentes régions, principalement en Angleterre, mais aussi aux États-Unis.” Au fil de son expédition, il a accumulé des biens immobiliers, dont deux châteaux européens, qu’il a acquis respectivement pour 10 et 2,3 millions de dollars, et une propriété de campagne à Newport, dans le Rhode Island, pour 15,7 millions de dollars.

Il a comparé ce parcours à la constitution d’une bibliothèque personnelle : “On lit un livre, il y a une référence à un autre livre, puis on achète ce livre, et on y ajoute les références. Pour moi, la question était : où était le Graal ? Était-il ici ? Était-il là ?

Sa conclusion finale : “Qu’est-ce que le Graal, sinon la Terre elle-même ?

Malgré sa ruine financière, Nicolas Cage avait alors avoué ne pas regretter tous ses achats : “Il y a de bons et de mauvais investissements. Les bons investissements sont le fruit de mon intérêt personnel et de mon appréciation sincère de l’histoire.

Cela inclut “Action Comics No. 1”, la toute première bande dessinée mettant en scène Superman, qu’il a achetée pour 150 000 dollars.

Il voulait être comme son oncle, Francis Ford Coppola

Pour Nicolas Cage, l’attrait de l’immobilier venait aussi en partie de son enfance. Ayant grandi près de Beverly Hills avec son père professeur, il a vécu modestement : “Je prenais le bus pour aller à l’école, et certains des garçons plus âgés allaient à l’école en Maserati et en Ferrari”, avait-il raconté au Times.

Même jeune, il aspirait à plus : “Mon oncle [Francis Ford Coppola] était très généreux. Je lui rendais visite l’été, et ces étés-là, je voulais être comme lui. Je voulais avoir des manoirs. C’était ce qui me motivait.

“Nicolas Cage et son père, August Coppola, 1988”

Outre ces difficultés, l’acteur a aussi été impliqué dans des problèmes fiscaux. En 2009, plusieurs médias ont rapporté qu’il devait plus de 6 millions de dollars à l’Internal Revenue Service (IRS) pour l’année fiscale 2007, ainsi que 350 000 dollars supplémentaires d’impôts impayés entre 2002 et 2004.

En 2022, il a confirmé avoir enfin fini de payer ses dettes et avoir l’intention de se montrer plus sélectif dans ses futurs rôles au cinéma, en jouant dans de nombreux films pour échapper à ses difficultés financières.

Côté ciné, l’acteur a fait parler de lui l’an dernier pour sa performance effroyable remarquée dans le film d’horreur Longlegs d’Oz Perkins, à découvrir en VOD si vous l’osez.

Découvrez la bande-annonce du film ci-dessous :

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