Dans le sillage de son semi marathon promotionnel pour son nouveau film, la comédie Le Routard, en salle depuis ce mercredi, Christian Clavier a accordé au média Brut un entretien de plus de 30min.
Une interview qui révèle au bout du compte un acteur passionné par son métier, avec une approche très centrée sur l'incarnation des personnages et un certain détachement de son image publique. En plus de posséder un regard aiguisé sur l'évolution de la comédie en France.
Le journaliste évoque évidemment la saga des Visiteurs; Christian Clavier glisse alors quelques mots sur la version spécialement réalisée pour le marché et le public américain, Les Visiteurs en Amérique.
"Ca ne va pas être possible que vous ayez les dents pourries !"
Dans ce long métrage sorti en 2001, Clavier et Reno deviennent désormais André le Pâté et le comte Thibault de Malfete, projetés par erreur dans le Chicago de l’an 2000. Le film est aussi signé par un Jean-Marie Poiré qui préfère d'ailleurs utiliser un pseudonyme...
Le film sera un désastre : il ne trouve son public ni aux États-Unis, ni en France. Au total, il rapporte 16 millions de dollars de recettes à travers le monde, pour un budget s’élevant à 35 millions. Une catastrophe qui fait d’ailleurs plonger les comptes de la société Gaumont, déjà très affaiblie par l’échec cuisant de Vatel au printemps 2000, avec une perte de 437 millions de francs.

Clavier convoque dans l'entretien le souvenir d'un échange qu'il a eu avec John Hugues, le scénariste du remake : "Le film a été un échec parce que les Américains n'ont pas compris l'humour du film. Un jour, John Hugues arrive et me dit : "voilà, ca ne va pas être possible que vous ayez les dents pourries. Je lui dit : "mais pourquoi John ?" - "Notre public ne l'acceptera pas".
Je lui répond alors : "bah le film est foutu !" Ils n'ont pas compris ! Quand Nora Ephron, à qui l'on doit quand même Quand Harry rencontre Sally, fait le remake du Père Noël est une ordure, qui s'appelle Mixed Nuts, je vous incite à le voir, vous allez voir une grosse, grosse daube ! Et de lâcher un petit tacle final pour la route : "les Américains ne comprennent rien à l'humour, [chez eux] c'est surjoué", avant de quand même louer la qualité d'écriture de la série américaine White Lotus, qu'il adore.